BUGLOSE EN BREF

Plus ancien que Lourdes ou Fatima, puisqu’il est supposé que la vénération de Notre-Dame, remonterait au début du XVIème siècle, le sanctuaire et le pèlerinage landais de Buglose a pour origine certaine la découverte bien à propos d’une statue de la Vierge dans un marais.

Cet évènement a eu lieu en 1620, année au cours de laquelle le roi Louis XIII en personne est venu rétablir et imposer la religion catholique romaine en Lannes et Béarn alors aux mains des protestants. Le miracle tombait bien pour raviver la foi et ferveur locale.


De fait, aucune preuve, aucun document, n’existe pour attester une origine plus ancienne, si ce n’est l’histoire écrite par le supérieur lazariste R. Mauriol en 1726 qui évoque l’existence en ce lieu, quartier de la paroisse de Pouy, d’un oratoire ou lieu de dévotion dans lequel se trouvait cette image de la Vierge. La chapelle primitive y aurait alors été détruite par les huguenots au cours des guerres de religion vers 1570, puis le pèlerinage un temps oublié. Mais aucun document antérieur n’y fait allusion, et aucun vestige de chapelle ancienne n’a été découvert.

Il reste qu’une statue de pierre supposée cachée à cette occasion, et disparue depuis dans les marais, a été redécouverte fortuitement en 1620, comme souvent dans des conditions merveilleuses. C est ainsi que fut diffusée la tradition du miracle des bœufs qui s’arrêtent, mettent au jour et lèchent la statue d’une Vierge à l’enfant dans un lieu isolé de la lande.

Certains ont affirmé que le nom du sanctuaire viendrait alors de Buglossa, terme dérivé de deux mots grecs signifiant boeuf , et langue. Mais c’est bien trop savant, et pourrait venir plutôt du gascon buglar-beugler. Tout cela reste à prouver car d’anciens documents citent Berglosse, Burglosse et Bruglosse avant 1620 (la plus ancienne carte mentionnant Buglose date de 1712).


Pourtant, face à la dévotion d’un nombre croissant de pèlerins, l’évêque de Dax, Monseigneur Jacques du Sault, fit entendre les anciens du lieu pour essayer de comprendre l’ancienneté de ce pèlerinage , permettant, toujours selon le lazariste auteur de l’histoire du sanctuaire, de déterminer qu’il existait déjà en 1520.


Un temps installée sur un piédestal improvisé à l’emplacement actuel de la chapelle de la Fontaine, dite chapelle des Miracles, la statue devait être transportée à l’abri de l'église paroissiale de Pouy. Mais la tradition affirme que l’attelage de bœufs (encore eux) tirant le char s’immobilisa après quelques pas, à l’emplacement de l’ancienne chapelle détruite, signifiant ainsi la volonté divine. 





On décida donc de la déposer là, et de construire un nouveau sanctuaire sur les ruines de l’ancien. Deux ans plus tard, le lundi de Pentecôte 1622, eut lieu la bénédiction précédée d’une grande procession partie de la cathédrale de Dax. On y note la participation du marquis Bernard de Poyanne, gouverneur de Dax, fervent catholique et bras armé du roi qui apporta tout son zèle et argent à la construction

Des grâces et guérisons miraculeuses ont été reconnues durant les années suivantes. Même la reine douairière d'Espagne, Marie-Anne de Neubourg, vint prier à Buglose en 1709 et obtint la guérison. Mais les procès-verbaux des commissions d’examen auraient été malheureusement détruits à la Révolution.

En 1706, Buglose fut placé sous la direction des Lazaristes. Il est vrai que leur congrégation de la Mission avait été fondée par Vincent de Paul, enfant du pays ( aujourd’hui encore le recteur est un Lazariste). En 1725, le Pape Benoît XIII accorda à Buglose des indulgences précieuses.

Abandonné pendant le période révolutionnaire, le pèlerinage renaît au milieu du XIX e siècle. La petite chapelle vétuste est alors remplacée par une église monumentale, sous l' impulsion de l’évêque Mgr Lannneluc. En 1844, celui-ci parvint à racheter l'ancienne maison des Lazaristes, et y rétablit cet Ordre., et le pape Grégoire XVI confirma les privilèges accordés par Benoît XIII.



Sans attendre la fin des travaux, la cérémonie de translation de la statue, placée dans une niche sculptée et décorée au dessus du maître autel. eût lieu le 9 mai 1855, puis la bénédiction de la partie achevée de l’église et la consécration de l’autel dédié à la Vierge , le 5 juin.

Un moment interrompus, les travaux reprirrent et les restes de l’ancienne chapelle détruits pour l’agrandissement de la nouvelle basilique, d’inspiration romane, achevée en 1864. Le couronnement solennel de la statue de la vierge intervint le dimanche 9 septembre 1866

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Au bout d’une allée de platanes située près de l'église se trouve encore la chapelle dite des Miracles (l’édifice actuel date de 1966), et non loin, jaillit la fontaine qui marquerait l'endroit où avait été enfouie la statue.


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La statue polychrome, restaurée, que l'on vénère encore aujourd'hui , datée du début du XVI ème siècle a les caractéristiques d’une œuvre de la Renaissance ( polychromie refaite en 1855, couronnes ajoutées en 1866).
On peut admirer de magnifiques vitraux relatant l’histoire de ce lieu, et deux bas-reliefs du XVIII ème siècle, en bois polychrome, rappelant la fondation des Lazaristes et celle des Filles de la Charité par Saint Vincent de Paul.

La basilique a la particularité d’abriter un des plus beaux carillons de France installé à l’initiative d’un évêque venu du Nord (Mgr Delannoy) qui fit construire en 1877 la haute tour qui lui est destinée. .Quatre premières cloches sont bénies en 1894, puis dix neuf autres un an plus tard. Le bourdon de plus de deux tonnes a été installé en 1901. Trois grosses cloches s’y ajoutent en 1923, puis trente et une petites en 1926.
Quatre évêques ont été inhumés à Buglose, et reposent dans la chapelle dite du Rosaire.


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ESTELLA DE LA MA
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