LES DEUX TRAVERSÉES DES LANDES..


AUX TEMPS DE LA POSTE AUX CHEVAUX ET DE LA POSTE AUX LETTRES
ET MESSAGERIES
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Au moment ou l'autoroute A 63 a englouti la vénérable RN 10 dans la traversée des Landes (tout en nous ramenant à l'époque des péages de l’Ancien Régime), une évocation du long passé de ce grand axe de communication de Paris à L’Espagne s’impose.



Long passé de cette route, puisque son tracé reprend, au moins dans sa partie nord, celui de la voie directe des légions romaines de Bordeaux à la péninsule ibérique (Voir l’article sur les voies romaines)

Délaissée après l’effondrement de l'empire romain, puis abandonnée lors des périodes troublées qui suivirent, elle ne retrouva son intérêt qu’après le Xe siècle lorsque les pèlerins vers Compostelle en firent un itinéraire majeur suivant à peu près le tracé initial. (Voir l’article sur les cheminsde Compostelle)

Voie militaire puis voie de pèlerinage, elle devint ensuite celle des ambassadeurs, puis des Intendants Et, hormis l’aménagement de quelques ponts de bois, rien ne changea vraiment jusqu'à à la fin du XVIIIe siècle.


En raison de la solitude du pays traversé, cette route a pourtant gardé au cours des siècles une mauvaise réputation,  et toujours effrayé les voyageurs, du Moyen age au XIXe siècle. Tous s’accordaient  sur son état pitoyable.
Ainsi, encore en 1810, sur 94 lieues de la limite du département de la Gironde jusque à la Bidassoa, il n'y en avait pas une seule qui fut praticable. Ce n’était qu’un pauvre pays de sables, d’eaux stagnantes, de marécages, d’ornières et fondrières, de voitures versées ou embourbées, de malles postes de cheminer au pas.

En 1748 le comte de Noailles évoquant une précédente  traversée des Grandes landes indiquait : " J'ay esté obligé de faire mettre des bœufs à ma chaise qui n'avoit que moi pour toute charge, et quatre paires de bœufs  indépendamment de six à huit chevaux, à ma berline qui, avec ces secours, n’en mettoit pas moins de trois et quatre heures à faire une poste ».

Il n’était pas rare que les postillons, évitant les chemins, ou cherchant de nouvelles voies, promènent avec adresse courriers et voyageurs au milieu des pins.

Il faut dire que, jusqu’à  la fin du XIXe siècle, malgré les quelques réparations entreprises le siècle précédent (Turgot y aurait même employé un régiment en 1775), et par l’absence des matériaux nécessaires, la route n’était pas construite et n’était qu’une piste divaguant sans véritable assiette définie, avec pour seul aménagement des planches ou madriers couchés en travers dans les parties les plus difficiles, comme le franchissement des ruisseaux (gués ou ponts de bois).

Cette route des Grande Landes fut cependant celle suivie par les premières postes aux courriers et chevaux, jusqu’à la fin du XVIIIe siècle

carte du XVe siècle indiquant la seule voie des Grandes Landes
  
C est la voie historique.
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Un service des postes fut créé dès le XVe siècle. Louis XI décida d'installer sur les grands chemins  des stations ou gîtes  et leurs "tenants poste" offrant des chevaux frais pour ses messagers - maîtres coureurs- portant les dépêches  Mais ce service ne fonctionnait alors que pour le roi. Il s'ouvrit au courrier des particuliers au siècle suivant, puis à la disposition des voyageurs. Des relais de chevaux de louage furent établis à distances égales , et la route vers l'Espagne à travers les Grandes Landes fut une des premières. On institua des maîtres de courrier agrées  puis une "Ferme générale des Postes"  a laquelle fut attribué le monopole du transport du courrier. Ce fut alors l'age d'or des maîtres de Poste  qui assuraient le transport des lettres en fournissant des chevaux aux courriers de la Ferme. A chaque relais le courrier changeait de monture. Un chevaucheur accompagnait jusqu'au relais suivant et ramenait ensuite les chevaux. L'augmentation du trafic conduisit à l'utilisation de petites voitures à un ou deux chevaux, puis , à partir de 1793,des malles-poste à trois chevaux.

Au fil du temps, les maîtres de poste participèrent  au transport des voyageurs en louant des chevaux aux voitures particulières, ou en les mettant à disposition des diligences royales. Les relais se transformèrent en écuries et auberges en mesure de nourrir et loger les voyageurs.( Ils sont, en principe, tenu d’avoir de la lumière pendant la nuit et un postillon de garde).


Ces maîtres de poste sont la plupart du temps des propriétaires sinon fortunés du moins aisés ou possédant quelques biens pour assumer écurie, chevaux et fourrage. Certains sont ainsi à la fois agriculteur, aubergiste ou maréchal-ferrant.  Employés du Roi avec uniforme, bénéficiant de certains privilèges, correspondants de la Ferme, ils étaient aussi auxiliaires de police tenant registre des passages.

Particularités notées dans les Landes: On ne ferrait pas les chevaux, de sable nourrissant la corne au lieu de l’user, et les postillons y renâclaient à porter l'uniforme, lui préférant les habits de pâtres (veste en peau de mouton sans manches et un surtout en grosse laine du pays avec manches et capuchon - béret au lieu du chapeau ). Dans les Grandes Landes, la plupart des relais sont installé dans les vallées boisées au bord d'un ruisseau. 

 " les auberges des landes ne causent jamais de ravissement: ce sont de misérables avento, où, presque sans vous rien fournir que le couvert, on vous fait payer comme vous ayant nourri" ( un voyageur en 1814)
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les routes en 1765

La route isolée des Grandes Landes était également marquée par divers vols et brigandages (Déjà au Moyen Age accusait t'on le sire Amanieu d'Albret de rançonner les voyageurs à Lesperon !) .En l'An VIII, est signalée l'attaque et vol d' une diligence, et, peu après, un autre vol par le conducteur de la malle lui-même, prétendant ensuite avoir été arrêté et pillé par des brigands. A cela, il faut ajouter, pour l'ambiance, la présence de loups comme encore en 1806 à Laharie. 

Peu à peu, les voyageurs marquèrent leur préférence pour la route des Petites Landes qui, depuis Bordeaux, suivait le cours de la Garonne jusqu’à Langon puis obliquait plein sud vers Roquefort avant de revenir vers l’Ouest par Mont-de-Marsan puis Dax pour rejoindre Bayonne.  Bien que faisant un large détour, il s’avérait qu’elle était  pratiquement la seule où les voitures pouvaient circuler plus facilement.

Déjà, les cortèges royaux vers l’Espagne (Catherine de Médicis, Charles IX, Henri IV, François 1er ,Louis XIV ...), puis la  route des messageries royales, passaient par cette voie. En 1787, un service des messageries  partait de Bayonne tous les samedis pour Bordeaux, soit un carrosse à quatre places et plusieurs fourgons, qui effectuaient le trajet en quatre jours. Un autre assurait le trajet inverse. En 1803, la malle poste faisait le trajet trois fois par semaine dans les deux sens.

Plus longue, et tout aussi sauvage dans les Landes, elle avait cependant l’avantage de traverser des localités plus importantes, et offrait surtout la faculté d’aller par eau de Bordeaux à Langon,  puis de Dax ou Saubusse à Bayonne.

Aussi ce fut l’itinéraire choisi par la poste aux chevaux en 1799 (1er vendémiaire An VIII)

Remise en état pour le passage des troupes napoléoniennes allant en Espagne, lourdement équipées, elle fut classée Route Impériale de première classe numéro 11 en 1811, et  empierrée du Poteau à Mont-de- Marsan. On y dépensa une dizaine de millions de francs..

C’est cette route qu’emprunta Napoléon les 13 et 14 avril vers Bayonne, puis les 2,3,19 et 20 novembre 1808 dans les deux sens .

Un voyageur de cette époque signalait : "On voit partout des amas de pierres disposés pour former une chaussée sur toute la ligne de Bordeaux a Bayonne; il y en a même quelques parties déjà faites; le reste est tracé, mais il faut au moins un an ou deux, avec de grands efforts d’hommes et d’argent, pour achever. Ce sera, au reste, un des plus beaux et des plus respectables monuments de la grandeur impériale que cette nouvelle route (lettre du comte P. L. Roederer - 19 avril 1809)

La nouvelle importance de Mont-de-Marsan devenu chef lieu du département détermina le gouvernement à enlever les relais de poste de la route des Grandes landes et les reporter sur celle des petites Landes où ils n’existaient pas. Là, le pays offrait en outre plus de facilités d’organisation d’une surveillance active pour assurer une libre et plus sûre circulation.

"Comment a t'on pu se décider sans retour à tout enlever au pays qui avait le plus grand besoin de secours pour tout donner au pays que favorisait et la nature des lieux et la circonscription départementale ? Comment cette injustice, car il faut l'appeler ainsi, qui date d'une époque de troubles et de révolution, qui a été consacrée par un gouvernement militaire, a t'elle reçu l'approbation d'un gouvernement paternel et réparateur "  (Les Landes en 1826 par J B B ?ingénieur des ponts et chaussées)

Les maîtres de poste y obtinrent leur transfert (de Mons vers Saint Geours, de Liposthey vers Roquefort, de Labouheyre vers Mont-de-Marsan, de Belloc vers Campagne (Cf Revue d'histoire de Bayonne, du pays basque et du bas Adour n° 146 -1990)

la route de la poste en 1835


A la Restauration, Louis XVIII rebaptisa les routes impériales en routes royales et la  route impériale n°11 devint la route royale n°10 en 1824. Dégradée par défaut d’entretien, on  procéda à son pavement entre 1833 et 1845. La chaussée fut alors formée de trois voies : celle du milieu réservée aux lourds charrois et aux diligences était pavée en grès,  et les bas côtés, utilisés par les voitures particulières moins rapides, conservant l'ancien empierrement renforcé par de la pierre liée par du macadam.

La route des Grandes Landes devenue route royale 132, fut restaurée et rectifiée en privilégiant les lignes droites... à la Restauration. Elle ne fut cependant achevée que sous le second Empire, encore que la portion entre Liposthey et Lesperon n’était toujours pas empierrée.

Elle n’eut finalement sa revanche sur celle des Petites Landes qu’au  début des années 1950 avec les progrès de l’automobile. Son itinéraire rectiligne par Castets fut préféré, et elle fut reclassée en route nationale n°10.

On permuta donc les numéros de ces deux voies : RN 132 de Langon à Tartas - RN 124 de Tartas à Saint-Geours-de-Maremne. En 1972, le tracé de Langon à Mont-de-Marsan fut déclassé en RD 932, puis reclassé en RN 524 (2004) tandis que le tronçon de Mont-de-Marsan à Tartas devenait RN 124.

 On connaît la suite … et ses convois de camions espagnols, portugais et autres sur la RN 10, et la construction de l’autoroute A 65 reliant Bordeaux à Pau en reprenant le tracé par Langon, Captieux et Le Caloy. 
les deux routes

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LA ROUTE DES PETITES LANDES


Les images  de cartes sont issues de l'Atlas de Daniel-Charles Trudaine, intendant des finances et directeur des Ponts et Chaussées pour la généralité d'Auch, en 1757
Les commentaires en italique sont ceux de M. Vaysse de Villiers, inspecteur des postes, en 1823
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Venant de Langon, Bazas, et Captieux, juste après la limite du département de la Gironde et des landes héritée de celles des généralités de Bordeaux et Auch on parvenait au relais de

Le Poteau

« Le Poteau, maison seule, située au milieu d'une vaste surface de bruyère qui, s'étendant également à perte de vue sur les quatre points cardinaux de cette habitation, embrassent et terminent l’horizon dans un lointain sans bornes, la maison, ou plutôt la chaumière du Poteau, réunit à l'exploitation du relais, celle d'un labour et d'une auberge ».

Ce relais n'a été installé au XIXe siècle pour couper la longue distance de landes entre Captieux et Roquefort. Du fait de l’éloignement de tout, une concession de dix hectares de terrain à cultiver,des deux cotés de la route, fut consentie au maître de poste (Poyferé) le 25 pluviôse an IX par décret du corps législatif proclamé par le premier consul Bonaparte.En 1817, le maître de poste était le fermier de M le baron de Poyféré qui dirigea à Cère une éphémère bergerie impériale.

Ce relais fut supprimé en 1835 et reporté un peu plus loin, aux Traverses 

De l’auberge du Poteau à Roquefort  5 lieues

Un peu avant le hameau des Traverses, au lieu-dit la Poste, subsistent les restes de la grande écurie et son ancien passage pavé, indices du relais ayant remplacé celui du Poteau

Les Traverses

Les Agreaux
0n trouve encore une maison seule aux Agreaux, où était jadis un relais, supprimé depuis peu comme inutile; mais elle s'annonce mieux que celle du Poteau par une superbe plantation de chênes antiques qui en occupe le vis à vis comme cela se voit quelquefois devant des châteaux. C’est cependant une très simple maison d exploitation, pour ne pas dire une chaumière » 

On peut en voir encore l'écurie au milieu de la chênaie, restes du relais supprimé en 1813


Les Agreaux


 Roquefort de Marsan

« Roquefort est une petite ville de quinze cents habitants, avec un bureau de poste ...Ce n’est point cette ville de Roquefort rendue célèbre par ses caves et ses fromages … Celle-ci n'est célèbre par rien, et n'est remarquable que par ces roches, passablement escarpées, formant, avec le double vallon qu'elles dominent, la première variété dont nos regards aient pu se repaître depuis que nuis sommes entrés dans les Landes »


Roquefort


de Roquefort au Caloy    3 lieues

Après le pont sur la Douze, la route se sépare de celle de Paris en Espagne par Pau au quartier du Pouy
« La route gravit, en partant, une montée rapide, au bout de laquelle on laisse à droite, l'embranchement de la route de Pau »

La route longe le village de Lucbardez où se trouvent aujourd’hui les lieu-dits de La Poste et Grand Chemin

Le Caloy
"Le Caloy est une maison seule et un domaine de sable »
Le lieu-dit la Poste existe toujours sur la droite un peu avant le carrefour

Le Caloy

du Caloy à Mont de Marsan  3 lieues

Mont-de-Marsan
Après une longue et flatteuse description de la ville et de ses jolies filles, le voyageur de 1823 ajoute :
« Nous passons sous silence les auberges, afin de ne pas parler du mécontentement des voyageurs, qui se plaignent généralement d'y être ce qu'ils appellent écorchés et quorum pars magna fui. Cette réputation trop bien acquise, ne changera que lorsque les auberges changeront elles mêmes de maîtres, ou les aubergistes de système"

Un guide de 1843 signale le grand  hôtel des Ambassadeurs et son excellente table avec une volière d'ortolans continuellement approvisionnée, une remise de douze voitures et des écuries à cinquante chevaux.

Mont-de-Marsan 

de Mont de Marsan à Campagne   3 lieues

la route passe par Saint-Perdon et le château de Breteuil (Bertheuil )

Saint-Perdon

« Campagne est un hameau »
A la sortie du village, existent encore les lieu-dits la Poste à droite, et Postillon à gauche.



Campagne

de Campagne à Tartas   3 lieues

Meilhan 
La route passe par le pont de La Devie.(Ladevie)  près du moulin.

Meilhan

L’inspecteur Vaysse de Villiers indique en 1823  que lors de son passage, la route entre Mont-de-Marsan et Tartas  était en train de recevoir un pavé.et que "les parties qui n’ont pu être pavées ont été planchéiées avec des madriers ou poutres équarries et assemblées de manière à former de véritables planchers où l'on roule aussi commodément que bruyamment, comme sur des parquets"

Tartas
« Tartas est une petite ville de deux mile habitants, située sur la Midouze, qui la sépare en ville haute et basse. De la première, on a un superbe coup d’œil sur les campagnes de la rive opposée. Cette ville est d'ailleurs aussi agréable par elle-même que par sa position »


Tartas


la poste de Tartas et la diligence


de Tartas à Pontons   3 lieues

A une lieue de Tartas on franchit la rivière du Luzou et on traverse un petit bois puis une pente rapide
La route longe Bégaar puis passe par les ponts de Pé, de la House, du Pès de Pay, d’Espan et d’Ailiou ( à vérifier noms et ordre )

Pontonx
« Pontons, assez joli bourg d'environ cent feux, est séparé de l'Adour par de belles et riches prairies »

Pontonx


de Pontons à Saint Paul   3 ½ lieues

"On franchit, vers le quart de la première distance, la petite rivière de l'Aretjon, et vers le milieu celle du Luzou"

La route passe au nord de Teshieu (Téthieu) et longe Pouy et  Saint-Vincent-de-Paul

Saint-Paul
« A Saint Paul les Dax un chemin d’embranchement d'un quart de lieue environ conduit à Dax  par un pont de bois fort long et très  élevé sur l’Adour »

Saint-Paul-lès-Dax


une arrivée à Dax



de Saint Paul à Saint-Georges ( Saint-Geours-de-Maremne) 4 lieues

A la sortie de Saint Paul,  après le lac d’Ardy, existe toujours le lieu-dit la Poste

Saint Geours de Maremne
" Le village de Saint-Georges renferme environ soixante feux. il est assez joli, malgré la nature sablonneuse du sol, qui ne l'empêche pas d'être entouré d'arbres. On y longe, à gauche en arrivant, une plantation de chênes qui forme une agréable promenade  …  En 1814, j’ai logé dans une fort bonne et assez belle auberge a la poste de Saint Georges » 

Saint-Geours de Maremne



de Saint-Georges ( Saint-Geours de Maremne) à Saint-Vincent (deTyrosse)  2 lieues


Saint Vincent se situe au  milieu de l’étape entre Saint Geours et les Cantons
"Le joli village de saint Vincent, ancien lieu du relais de la route des Grandes landes qui s y réunit avec celle des petites landes, de manière qu'il appartient également à toutes les deux »

Le relais de poste se situe après la sortie du village (?)

Saint-Vincent-de-Tyrosse


de Saint Vincent (de Tyrosse) aux Cantons  2 lieues


poste de Saint-Vincent et Benesse


Poste des Cantons ou du Barrat de Labenne sur la rive gauche du Boudigau..
Cependant, le mauvais état des routes rendant le parcours difficile entre les relais de Saint Vincent (de Tyrosse) et Bayonne, la Ferme des Postes supprima ce relais de Labenne et créa ceux de Benesse et d'Ondres. Les bâtiments de cet ancien relais de poste existent toujours. Un petit musée y exposa même un temps, ses outils et instruments.


Poste de La Cabanne
établie au début du XVIIe siècle (1609) au quartier d’Ausse après Benesse, sur la droite après le passage du ruisseau Aiguillon se jetant dans la marais d’Orx. Il existait encore en 1756.


poste de La Cabanne

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."Même nature de sables, depuis Saint-Vincent jusqu'aux Cantons, village de douze ou quinze feux, situé, comme les deux précédents, au milieu des sables et des arbres"
"Vers les deux tiers de la distance des Cantons à Ondres, on trouve le village de La Benne, et l'on monte sensiblement, après la rivière de ce nom"





des Cantons à Ondres   4 lieues

En 1814, le chemin est encore ouvert dans le sable et indiqué par deux rangs de pierre


Labenne

« Ondres est un village consistant dns une place entourée de quinze a dix-huit maisons, après lequel on achève de gravir au départ la colline qu'on a commencé à monter, en arrivant »


Le relais de poste d'Ondres s’est substitué à celui de Labenne au début du XVIIe siècle. Il figure sur les anciennes cartes sur la droite avant le bourg. Dans les années 1800 il se trouvait à la maison Harsaout, qui servait de relais et d'habitation aux maîtres de poste  Darrigrand père puis fils.
Mais il fut également supprimé en 1834, les malles postes couvrant alors la distance de Benesse à Bayonne en une seule étape.


Ondres


d’Ondres à Bayonne 3 lieues

"Après Ondres, on passe un bras de l’ancien lit de l’Adour sur lequel est jeté le pont de Casteron. De cet endroit la route parcourt un pays fort agréable jusqu’à Bayonne, où l’on arrive par le faubourg Saint-Esprit".

Bayonne


départ de la diligence Bayonne 
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LA ROUTE DES GRANDES LANDES


une idée du paysage !


Les images  de cartes sont issues de l'Atlas de Daniel-Charles Trudaine, Intendant des finances et directeur des Ponts et Chaussées pour la généralité d'Auch, en 1759
Les commentaires en italique sont ceux de M. Vaysse de Villiers, inspecteur des postes, en 1823


les anciennes routes des Grandes Landes
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du Muret à  Lipostey  3 lieues

relais de poste au nord du bourg , lieu-dit La Poste 

la route nationale à Liposthey au début du XXe siècle

de Lipostey à La Bouhère  4 lieues

"Lipostey et la Bouhere sont deux villages peu considérables. Le premier a un bureau de poste; le second une assez bonne auberge, si toutefois elle s'est maintenue telle, depuis que les relais ne contribuent plus a l'alimenter"

Labouheyre a le privilège d’avoir ( au moins en 1814) un pont de pierre, rareté remarquable alors que les autres ne sont faits que de planches ou de madriers

Labouheyre


ancienne poste à Labouheyre ( ph. F. Armaudin)



de La Bouhèyre à Belloc  3 lieues

Cap-de-Pin

La route fait un embranchement avec, tout droit " le vieux chemin où la poste passait autrefois jusqu'à la chapelle de Saint-Antoine " ( hôpital et commanderie de Saint-Antoine des Traverse sur le chemin de Compostelle)

poste de Janquillet ou Jehan Quillet

Entre 1609 et 1774 , un relais existait là, sur le vieux chemin . Le lieu a ensuite été abandonné et a disparu. ( il existe aujourd'hui un lieu-dit Yean (?)) 


poste de Belloc
"Belloc est une misérable chaumière située au milieu d'une lande, qui, s étendant à perte de vue de tous les cotés, semble n'avoir d'autre borne que l’horizon et se confondre avec la voûte céleste. Cette chaumière était une bergerie, en cette bergerie le relais, et le maître berger le maître de poste"

Cap-de-Pin et poste de Belloc



de Belloc à La  Harie  4 lieues

entre Belloc et Laharie

" La Harie est un hameau, où quelques cabanes habitées par des postillons, des bûcherons et des pâtres, entourent la maison bourgeois et assez élégante de l'ancien maître de poste" 
( l’auteur note qu'il y mangea très bien et y trouva un bon lit)

le lieu-dit la Poste existe toujours après Laharie et le ruisseau de Sindères

Laharie - hameau  et église

la poste de Laharie

de La Harie à l'Esperon  3 lieues

"l'Esperon est une chaumière isolée au milieu des bois. Ce relais portait le nom d'un village voisin, que la route laisse a droite."

Le lieu-dit  la Poste existe toujours au Souquet, près du château

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château et poste de Lesperon

Alors qu’à l’origine les pèlerins allant vers Roncevaux quittaient ici la ligne directe pour rejoindre Dax par Taller, l’embranchement fut plus tard établi par la poste à Castets vers Taller(poste) et Dax. On pouvait ensuite rejoindre la route de Bayonne à Saint-Vincent.

de l'Esperon à Castets   4 lieues



Une carte du XVIIe siècle mentionne un relais désigné Saint -Julien (?) entre Lesperon et Castets, indéterminé ( à rechercher).


" Castets est un lieu assez considérable et presque un bourg, situé dans le premier vallon et sur la première rivière qu’on trouvé depuis le vallon de Belin et la rivière de Leyre ».

Vers 1742 le courrier de la Ferme aux lettres  y laissait les dépêches à destination de Mont-de-Marsan et Saint-Sever. Un courrier d'entreprise à cheval les transportait à Tartas, et de là, étaient acheminées semble t'il à pied.  

Castets



de Castets à Majesc   4 lieues

" Majesc est un bourg qui renferme a peu pres la meme population que celui de castets; mais il est plus agréable, plus aéré, mieux bâti et plus propre. On y trouvait une fort bonne auberge dans le temps, chez M Honterède."

C'est ici qu'au milieu du XVIIe siècle, les dépêches à destination de Dax, Orthez, et Pau, étaient confiées à un courrier d'entreprise à cheval.

Magescq


de Majesc à Les Monts ou Mons    3 lieues

Relais de Pey des Monts créé en 1613, au milieu de l’étape de Magescq à Saint-Vincent 

" Aux Monts, le relais était placé dans une maison isolée, assez agréable manoir champêtre qu habitait un riche propriétaire aubergiste et cultivateur. Cette maison a pris son nom de quelques buttes ou mamelons qui sont évidemment d’anciennes dunes"


Poste des Monts ou Mons

En 1814 un voyageur n’y voit, dans l’espace de quatre milles, que deux maisonnettes, avec un demi arpent de culture, presque cachées dans les bois.

des Monts à Saint Vincent (de Tyrosse)   2 lieues

" Saint Vincent est un joli village tant par lui même que par son territoire. J'y ai trouvé, à la poste, une fort bonne auberge et surtout fort propre; tous les murs en etaient blanchis, tous les appartements parquetés et cires, ainsi que l'escalier, toutes les boiseries peintes. la même recherche régnait dans la cuisine. Une pareille auberge, au sortir des grandes landes, me semblait une féerie"

"C’est a Saint Vincent que s'opère la réunion des deux routes de Bordeaux à Baïonne, autrement dites des grandes et des petites landes; et c'est à cette cause qu'un village aussi peu considérable (environ quatre vingt feux) doit, en grande partie, l'air vivant et gracieux par lequel il m'a séduit"

DE SAINT VINCENT LA ROUTE EST COMMUNE 
AUX DEUX VOIES JUSQU'A BAYONNE
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