VILLAS ET MOSAÏQUES


Participant à la mise en valeur des territoires conquis, les villas rurales,centre de vastes exploitation domaniales , ont eu un rôle principal dans l'organisation des campagnes de la Gaule romaine. Souvent établies sur un plan-type elles comportaient en général une cour entourée d'une galerie ouvrant sur les pièces nobles richement décorées de mosaïques , un péristyle, des portiques. Une partie rustique utilitaire et des installations de bains complétaient  l'ensemble. 
Le XIXe siècle et son engouement pour l'archéologie  fut l'époque des premières véritables  investigations. Les premiers dégagements des vestiges, souvent fortuits, et les recherches alors concentrées sur les mosaïques  firent le bonheur des érudits locaux . Puis , à partir des années 60 les travaux devinrent plus scientifiques et professionnels, se poursuivant encore aujourd'hui, en particulier lors de fouilles préventives.
Bien sûr, les résultats ne sont pas toujours spectaculaires dès lors que les vestiges de l'occupation gallo-romaine sont enfouis.N'empêche que les Landes révèlent aussi, peu à peu, leurs villas antiques et leurs trésors longtemps cachés et oubliés.D'autres restent sûrement ensevelies ou recouvertes par les églises ou constructions qui s'y sont greffées.

 
La villa du Gleyzia à Augreilh

Située du lieu-dit Le Gleyzia , au bord de la route de Saint-Sever à Toulouzette, cette villa gallo- romaine du Bas-Empire ( IVe siècle) a été découverte à la fin du XIX e siècle (1870) sur un site occupé depuis la période néolithique jusqu'à une caverie disparue à la Révolution, puis retourné à une vocation agricole.


Après les pillages qui firent disparaitre plusieurs fragments de mosaiques, des campagnes  d'exploration des vestiges entreprises depuis 1969, ont permis de mettre au jour, sur un demi-hectare la moitié d’une luxueuse demeure comportant, outre des thermes chauffés par hypocauste, un original double péristyle. De riches pavements de mosaïque à décor géométrique y ont été prélevés et dispersés. Certains sont ainsi conservés à Saint-Sever, au sol de la maison dite du Docteur Louis Sentex, place de Verdun; d'autres, trouvés en 1902 de l' autre coté de la route (la Hounade), constituent le pavement du vestibule du château d'Amou.

A partir du Ve s., un enclos paroissial paléochrétien, puis l'église Saint-Pé-de-Mazères et sa nécropole médiévale, se sont installés sur le site jusqu'au XIVe siècle.

 

A lire:
Paul Dubedat - La villa gallo-romaine du Gleyzia d’Augreilh et Saint-Pé-de- Mazères  - ed Pyrémonde -2011-
et, sur la découverte: Dr. Louis Sentex - les mosaiques gallo-romaine du Glyzia à Saint-Sever sur-Adour - bull Borda 1890-1891-


La villa de Géou à Labastide-d'Armagnac

Villa du Bas-Empire au  lieu-dit Chapelle de Geou ( la chapelle est appuyée sur les fondations antiques) objet de plusieurs campagnes de sondages (de 1970 à 1978) permettant de dégager une cour rectangulaire entourée d’une galerie au sol orné de mosaïques et d'une série de salles communiquant avec un second ensemble de pièces Un petit édifice installé dans une galerie, sur le sol de mosaïque ancienne, semble avoie été une chapelle primitive établie dans les ruines de la villa dès le Haut Moyen Age. Les fondations d’une construction circulaire ont été dégagées en 1972, semblant avoir été occupée par un grand bassin.

 exemples de fragments des mosaïques de Géou
  
La villa de Mouneyres à Sarbazan

Petite villa du début du Ve s, au nord de l'église de Sarbazan, lieu-dit Mouneyres ( Sarbazan serait la survivance de Servatius le propriétaire romain du domaine). Les fouilles ont permis d’établir le plan de la résidence richement décorée de marbre vert veiné et de splendides mosaïques qui pavaient le sol. En contrebas, prés du ruisseau de Castaillon, se trouvait également un ensemble thermal orné lui aussi de mosaïques.

deux mosaïques de Sarbazan
 en dépôt et exposées au Centre départemental du patrimoine de l'abbaye d'Arthous



Sorde-l'Abbaye

Villa du Barat-de-Vin
 
Les ruines d'importantes superstructures situées dans un champ près de la ferme de  Barat de-Vin ( ou La Hitte) , au bord de la voie romaine de Bordeaux à Astorga, constituent les reste visibles d'un ensemble gallo-romain.


Après des sondages effectués en 1958, des fouilles entreprises depuis 1965 ont permis d'explorer et d'étudier le site comprenant une villa et un secteur thermal remontant aux IIIe et Ve siècles.

 vue d'ensemble du site des fouilles (1969)

les thermes

 Villa de la maison des Abbés

Un autre vaste ensemble architectural gallo-romain est située sous le logis des abbés et sa cour( recouverte depuis) dans l'ancien monastère de Sorde reconstruit dessus.. Fouillé depuis 1958, une suite de salles ont été dégagées, réparties autour de deux cours intérieures bordées de galeries a portique. Elles devaient avoir un riche décor constitué de peintures et revêtements de marbre sur les murs, des colonnes de marbre rose , de pavements de mosaïques du IVe s. Des thermes ou bains avec frigidarium, tepidarium et caldarium,

relevé de l'ensemble gallo-romain, en vert
( J. Lauffray -1962) 




La villa du Vieux-bourg à Saint-Cricq-Villeneuve 

Les vestiges importants d’une  villa gallo-romaine du Bas Empire ont été mis au jour en 1868 au lieu-dit le Vieux Bourg, dont un ensemble de pièces et de galeries entourant une cour interieure. Les mosaïques ont été détruites ou dispersées, mais en 1976, des traces d’un pavement de grande dimension d’une mosaique polychrome ont ete mises au jour. De même, ont été repérées les traces de l'établissement des thermes en contrebas.

La villa des Bignoulets à Pujo-le-Plan

Au lieu-dit Les Bignoulets il existait une villa gallo-romaine dont un pavement de mosaique a été mis au jour en 1983 dans les jardins du presbytère, datant probablement du IVe ou Ve siècle. 

mosaïque découverte

Autres sites -vestiges ou traces plus ou moins modestes

Angoumé
Substructions d’un hypocauste de villa gallo-romaine  à la métairie de Larras
Brocas-le-Forges 
Au lieu-dit devenu le Pré de la mosaïque, un magnifique pavement avait été découvert au XIXe, puis aurait disparu pendant l’Occupation, et, en 1975, deux constructions gallo-romaines onr été mises au jour , et aujourd'hui recouvertes par les eaux du lac des Forges.

Gaujacq  
Grand domaine gallo-romain ans la vallée, au lieu-dit Craoustes d’Herm, où des murs romains étaient encore visibles au XIXe siècle.S’y dirigeait un réseau d’adduction d’eau dont les traces ont été relevées au lieudit Loste (canalisation en tuile romaine) et au lieu-dit Balansan..
Selon le Chroniques de la Cité et du Diocèse d'Acqs de M  A. Dompnier de Sauviac (1874), on y aurait découvert des substructions très importantes et les restes d'une petite basilique avec son abside et ses nefs latérales, les fondations de nombreuses habitations, divers débris, dallages, pavages, tuiles, des mosaîques, des armes et des monnaies romaines., restes d'une ville brulée. M.Dufourcet y fit des fouilles et estima que cette ville devait être composée d'un groupe de villas gallo romaines construites à proximité du camp permanent occupé aujourd'hui par les jardins du château. Cette ville a pu être occupée par la suite par les Goths, d'ou viendrait de Gaujacq issu alors de "Gothiacum" , nom donné par ces auteurs à cette agglomération disparue sans citer leurs sources, et signifiant la ville des Goths. Mais ce peut  plus simplement. aussi bien provenir de Gaïs acum, la propriété d'un nommé Gaïus, devenant Gaïaco puis Gaujacq

Gouts
Villa ou plutôt vicus, compte tenu de l’étendue du site, occupé de l’Antiquité au Haut Moyen Age (du 1e siècle avant J.C, jusqu'au VIIIe s) ayant livré de multiples objets, fragments, débris et monnaies, depuis 1878. Des ouvriers  travaillant à la rectification de la route de Gouts à Tartas mirent au jour dans les environs de l'église, au lieu-dit Coucouse, un grand nombre de débris de vases et d'amphores, de poteries de toutes formes et dimensions  et des vestiges de substructions cimentées, et, au milieu, des charbons, cendre et terre brulée et des restes d’ossements humains incinérés. Deux pièces de Claude 1er et d’Antonin le Pieux ........ a suivre 
Plus au nord, sur la commune de Tartas, le lieu-dit le Gliziaou présente divers indices d'occupation gallo-romaine puis mérovingienne (bronze de la fin du IIIe s, débris humains et cuve de sarcophage d'une nécropole du IVe siècle, et un important dépotoir d'amphores et de céramiques. 
D'autres éléments de maçonnerie gallo-romaine et d' abondants fragments de céramique ont été découverts au lieu-dit Le Bigné. En 1976, une section rectiligne de voie antique d’environ 2kms est repérée dans les landes d'Artigues , à l'est du bourg ( voie qui devait relier Dax a Saint-Sever)

 
Montgaillard
Site du Gleyzia des Mayrots

Peyrehorade
Traces et restes d’occupation romaine à Pardies sur l’emplacement où se trouvait une collégiale rasée à la Révolution, ayant succédé elle-même à une chapelle romane. Ont été relevés des murs, fragments de colonne et de dalles de marbre, débris de mosaïques et d'enduits peints etc… et des monnaies laissant penser que le site aurait été occupé dès le début du Ier siècle. A coté,  se trouvent les vestiges du secteur thermal.   

Poyartin
Découverte en 1889 dans un champ voisin de l’église, de substructions gallo-maines, d'une base de colonne en marbre, et une médaille en bronze d’Adrien, supposant l'existence d’une villa.
 
Saint-Pierre-du-Mont 
Divers et nombreux vestiges ont été décelés puis découverts lors de sondages effectués en 2003 et 2004 au lieu-dit Routin, près du château Saint-Louis, sur le site d'une ancienne chapelle. Un mur antique et des substructures, des tessons de céramique,  une monnaie d'Hadrien ont été mis au jour, témoignant d'une occupation remontant au milieu du IIe siècle.

Samadet
Le site de St Julien présente les vestiges des bases d'une villa gallo-romaine encore enfouie, dont la tradition a gardé le nom de Villa Crédita
 

Serres-Gaston
Des tombeaux gallo-romains et de nombreux débris de marbre sculptures et mosaiques  ont été découverts en 1875 à proximité de l'église, au lieu-dit la Haute Salle,  et au lieu-dit Jouarbe. En 1974 est découvert un batiment cruciforme qui pourrait être une salle appartenant aux installations plus vastes d’un balnéaire de villa du IVe s.Un matériel considérable a été recueilli : vastes substructions, tuiles, briques, poteries, fragments de marbre blanc et de couleur, futs de colonnes, chapiteaux, mosaîques,vases funéraires, osssements, monnaies, et une statuette en marbre blanc représentant Andromède sur son rocher.
 



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 dessin de la mosaïque de Brocas



vestiges gallo-romains à Dax
source: crypte archéologique -musée de Borda-Dax